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Vacances : l'art de prendre la route, lentement


As-tu tendance à rouler à fond la caisse pendant tes vacances? À faire un copier-coller de ton quotidien surchargé même pendant cette période qui devrait être dédiée au repos?


Tu n'es pas seul.e!


Seulement le tiers des Canadiens utilisent tous leurs jours de vacances, et parmi eux, 28 % prennent moins de la moitié du temps qui leur est dû[1]. Parmi ceux qui prennent des vacances, 54 % déclarent qu’ils n’arrivent pas ou qu’ils ne pensent pas être en mesure de décrocher complètement durant leurs congés. Et cette statistique grimpe à 65% chez les professionnels seniors qui ont davantage de responsabilités[2].

Mais de quoi se prive-t-on quand on néglige de prendre des vacances ou de mettre en place de bonnes stratégies pour vraiment décrocher?

Les vacances, les congés et les moments de repos sont essentiels à la santé globale. Ces moments permettent d'évacuer la fatigue, de refaire le plein d’énergie et de stimuler notre système immunitaire pour éviter l’épuisement; ils favorisent la flexibilité cognitive, la concentration et la créativité; ils diminuent le stress, augmentent le sentiment d’efficacité personnelle et la capacité d’introspection; et ils contribuent à améliorer nos relations en permettant du temps de qualité avec nos proches[3].

Et il y a un aspect souvent méconnu de l'effet des vacances sur notre santé mentale; l'importance de ce que notre cerveau fait quand il ne fait rien!

Est-ce qu’il t'es déjà arrivé de conduire et de soudainement avoir l’impression de revenir à la réalité et de ne plus savoir exactement où tu te trouves sur la route? De constater que ton esprit vagabondait depuis plusieurs minutes, sans pour autant t'avoir empêché de réaliser la tâche en cours?

Lorsque l'on exécute une tâche routinière ou connue (exemples : prendre une route que l'on connait bien, prendre sa douche, enlever les mauvaises herbes dans le jardin) ou lorsque l'on ne fait mentalement rien de façon active (exemples : rêvasser dans la balançoire, marcher en forêt dans le silence, observer le paysage à la plage), une sorte de pilote automatique intérieur s'enclenche. Il s'agit du réseau du mode par défaut (RMD) de notre cerveau. Les connexions neuronales associées à ce réseau sont reliées, notamment, à la créativité, à l'introspection, la mémoire, la gestion des émotions, l'apprentissage et l'anticipation constructive du futur. Bref, le RMD est essentiel à une vie intérieure riche (conscience et connaissance de soi), qui elle est nécessaire à notre santé mentale!

Et ce réseau ne s'active que lorsque l'on cesse de réaliser une tâche qui requiert fortement de tourner notre attention vers l'extérieur de soi[4].

Ainsi, un mode de vie trop surchargé, où l'on est constamment sollicité.e et occupé.e à résoudre des problèmes, tout comme des vacances hyperchargées, cadrées selon un agenda planifié mur à mur avec des activités plus rocambolesques les unes que les autres ne permettent pas de réellement se reposer et de laisser à notre cerveau tout l'espace nécessaire pour ralentir, errer et vagabonder suffisamment, activités nécessaires à la santé mentale.

Faire halte sur la route des vacances

Quand tu prends la route pour te rendre à un endroit que tu n'as jamais visité, il est fort probable que tu vérifies d'avance où se trouvent les haltes routières, les restaurants, les stations d'essences, bref, tous les endroits dont tu auras besoin pour faire le plein, dans tous les sens du mot!

Il en va de même pour tes vacances : pour décrocher et te reposer, tu dois planifier des moments où, volontairement, tu ne feras rien.

Tu dois te prévoir des moments lents!

Si c'est ton souhait pour cette année, voici quelques pistes à explorer pour y arriver :

  • Clarifier les attentes de chacun : si tu pars en vacances en famille ou avec d'autres personnes, consulte-les et demande-leur quelles sont leurs attentes. Et tiens compte des tiennes également, afin de trouver un équilibre. Tu pourrais être surpris.e : peut-être que, tout comme toi, ils ont d'abord et avant tout besoin de repos. Cela te permettra de diminuer tes attentes envers toi-mêmes.

  • Réduire le rythme : au lieu de planifier des activités structurées à tous les jours, prévois une activité structurée (qui implique une réservation, par exemple) une fois aux deux jours seulement. L'autre journée, fais ce que tu as envie de faire de façon spontanée.

  • Prendre rendez-vous avec la lenteur : fais-le librement ou planifie formellement des plages dans ton horaire où tu ne feras rien ou lors desquelles tu feras une activité lente (lire, écouter de la musique, te prélasser dans le hamac, etc.).

  • Oser la solitude : prendre des vacances avec plusieurs personnes peut amener en soi un certaine charge mentale. Concilier les attentes de chacun, planifier les activités en groupe, respecter le rythme de tout le monde n'est pas toujours reposant! Ainsi, ose prendre des moments où tu seras seul.e (exemples : une marche de 15 minutes sur le terrain de camping, un lunch au snack du coin, une balade en vélo).

  • Faire des haltes à tous les jours : prévois des plages vides (des zones tampons) entre chacune de tes activités. Par exemple, si tu as une activité de canot en rivière de 13h à 15h, ne mets rien à l'agenda avant le souper.

  • Prioriser : n'essaie pas de mettre en pratique toutes mes recommandations en même temps! Choisis celle qui te convient le mieux et essaie celle-là cette année. Ce sera déjà un premier pas important.

Peut-être as-tu déjà téléchargé mon carnet de moments lents? Si tel est le cas, tu peux t'en inspirer pour des idées qui t'aideront à ralentir le rythme. Si tu ne l'as pas encore, tu peux le télécharger en cliquant ici!

Notre société tend à nous faire croire que de réduire le rythme nous dirige vers une vie moins exaltante, moins enivrante, moins remplie. Mais la lenteur est pourtant si pleine : de formes dans les nuages, d'odeurs en forêt, de discussions à refaire le monde, de saveurs subtiles.

Et si l'objectif ultime des vacances c'était de ralentir suffisamment pour voir le paysage le long de la route?

Bonnes vacances!


[1] Résultats d’une étude d’APD Canada citée par Jackman-Atkinson, K. (2018). « It’s About Time: Canadians Not Taking Advantage of Full Paid Vacation ». Neepawa Banner & Press. Article consulté le 2 avril 2019 sur le site https://www.chrisd. ca/2018/05/21/vacation-time-canada-workers/#.XKQQGy3MylN

[2] Glassdoor. (2022). Professionals can't fully unplug on vacation. Récupéré de https://www.glassdoor.com/research/professionals-cant-fully-unplug-on-vacation/

[3] Cegep Drummond. (s.d.). Les vacances : un mal nécessaire ou des bienfaits essentiels? [Page spécifique]. Récupéré de LES VACANCES : UN MAL NÉCESSAIRE OU DES BIENFAITS ESSENTIELS? - Cégep Drummondville (cegepdrummond.ca)

[4] National Geographic. (2022). Pourquoi les bonnes idées viennent sous la douche : ce que dit la science. Récupéré de https://www.nationalgeographic.fr/sciences/pourquoi-les-bonnes-idees-viennent-sous-la-douche-ce-que-dit-la-science

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